Les enfants de la surconsommation
Ce billet porte sur un excellent documentaire qui a été diffusé sur RDI mercredi le 14 janvier dans le cadre de l’émission “Les grands reportages” et qui s’intitule “Les enfants de la surconsommation” qui fait le parallèle entre la publicité et les enfants selon une étude qui a été menée aux États-Unis. On y affirmait en outre, que le montant dont les enfants et les adolescents dépensent pour acheter des vêtements, de la musique et des appareils électroniques totalise 40 milliards de dollars US par année. Également, on les soupçonne d’avoir une influence directe sur les dépenses des adultes qui totalisent 700 milliards de dollars annuellement d’où l’intérêt pour les spécialistes du marketing de les cibler dès leurs jeunes âges car ils semblent avoir un pouvoir économique très important. “Ils sont les consommateurs de demain, les consommateurs adultes de demain. Parlons leurs maintenant, établissons une relation quand ils sont plus jeunes et nous les aurons en tant qu’adultes” disait Lucy Hughes, V-P., d’Initiative Media US. À première vue, cela ne semble avoir aucun sens. Pourtant, je travaille dans l’industrie de la publicité depuis plus de 10 ans et je n’y m’étais jamais arrêté avant ce reportage.
En faisant un parallèle avec mon billet du 15 décembre “La publicité qui fait peur aux enfants“, certaines publicités sont parfois conçues pour un auditoire mature mais comment ces enfants perçoivent ces messages? Les messages et les valeurs adultes ne sont jamais communiquées aux enfants en tant qu’enfants mais en tant que garçons et filles. On enseigne aux filles qu’elles doivent être jolies, sexy et que ce qu’elles achètent déterminent leurs valeurs. Chez les garçons, ce que l’on voit c’est l’utilisation d’images de violence, de puissance, de domination en très bas âge. La commission fédérale du commerce aux États-Unis qui a examiné le marketing médiatique destiné aux enfants a conclu dans son rapport en 2000 que l’industrie des médias commercialise du matériel destiné aux enfants même quand son propre système de classification les juge trop jeunes. Même chose du côté cinéma, un film qui est classé pour un auditoire plus âgé offre toute une gamme de jouets et produits aux enfants de 3, 4 et 5 ans. On intègre également la publicité et le placement de produit dans les films et les émissions à grande écoute ciblant les très jeunes enfants. On n’a qu’à penser aux films d’animation pour lesquels les enfants demandent les jouets et les accesoires dérivés.
Le nouvel univers de la publicité dans les divertissements et le divertissement publicitaire ne semble connaître aucunes frontières surtout avec l’avènement des nouvelles technologies des médias. Chez les enfants de 8-12 ans aux États-Unis, 1 enfant sur 4 possède un téléphone cellulaire ce qui représente 5,3 millions d’enfants et on prévoit que ce nombre va doubler dans 3 ans… Les cellulaires rendent les enfants plus vulnérables à la publicité car ils ont la publicité litérallement en plein visage. Il y a aussi Internet qui permet d’être constamment dans l’univers des jeunes et de les faire interagir avec la publicité.
Nous vivons heureusement ou malheureusement dans un monde capitalisme qui fait en sorte que tous les moyens sont bon pour faire de l’argent et ainsi rejoindre les consommateurs même si cela va à l’encontre de certaines valeurs parce que le but est de s’en mettre plein les poches. Je trouve déplorable qu’on veuille le faire sur le dos des enfants. Voulons-nous “stopper” l’hémoragie?
Ce commentaire a été publié le lundi 19 janvier 2009 à 08:00 a lundi 19 janvier 2009 à 08:00 dans Publicité. Vous pouvez suivre toutes les réponses a cette entrée par l'intermediaire du flux RSS 2.0. Vous pouvez laissez une reponses, ou suivre de votre propre site.